L’annonce du concert caritatif « Solidarité Congo », prévu le 7 avril 2025 à l’Accor Arena de Paris au profit de l’UNICEF, suscite une vive controverse. Destiné à récolter des fonds pour les enfants victimes du conflit entre les FARDC et le M23 dans l’est de la RDC, l’événement a déclenché l’ire des autorités rwandaises et des associations de rescapés du génocide des Tutsis.
La date choisie coïncide, en effet, avec la Journée internationale de réflexion sur le génocide de 1994, instaurée par l’ONU, marquant le début d’une période de cent jours de commémoration au Rwanda.
Si Kigali ne remet pas en cause l’objectif philanthropique du concert, l’ambassadeur du Rwanda en France, François Nkulikiyimfura, a dénoncé un choix « consternant ». L’opposition se cristallise également autour de la participation de Gims, accusé par des représentants de la diaspora rwandaise d’avoir tenu par le passé des propos perçus comme hostiles à la communauté tutsie. L’artiste, qui avait suscité l’émoi en associant le nom de Paul Kagamé à une référence au nazisme en 2022, demeure une figure controversée dans ce contexte mémoriel.
Face à la polémique, l’UNICEF a demandé le report de l’événement, tout en soulignant l’urgence humanitaire qui le justifie. Les organisateurs, arguant d’une absence d’intention politique, explorent désormais des alternatives calendaires afin de concilier impératif de solidarité et respect du devoir de mémoire. L’issue de cette controverse pourrait bien redéfinir les contours du dialogue culturel et diplomatique entre la France, la RDC et le Rwanda.
Rédaction
