Lubumbashi –Une récente déclaration du Président Félix Tshisekedi affirmant que l’article 217 de la Constitution congolaise autoriserait une cession implicite de la souveraineté nationale à d’autres États africains continue de susciter des vagues d’indignation au sein de l’opinion publique et de la classe politique.
Pour ses détracteurs, cette assertion relève d’une interprétation erronée, voire délibérément biaisée, d’un texte constitutionnel pourtant clair dans son esprit comme dans sa lettre.L’article 217, à l’instar des dispositions similaires présentes dans plusieurs constitutions africaines, vise à encourager la « promotion de l’unité africaine ».
Une orientation politique noble, inscrite dans une vision panafricaine, mais qui ne saurait en aucun cas être assimilée à une renonciation à la souveraineté de l’État congolais. Cette interprétation est notamment corroborée par le dernier alinéa de l’article 214, qui stipule explicitement : « Nulle cession, nul échange, nulle adjonction de territoire n’est valable sans l’accord du peuple congolais, consulté par voie de référendum. »
Pour un acteur politique influent, cette tentative d’interprétation erronée révèle un «manque de rigueur» de la part du chef de l’État, compromettant davantage la crédibilité de son administration dans un contexte où la population attend des mesures concrètes pour l’amélioration de ses conditions de vie.
« Ce qui devrait primer aujourd’hui, c’est la préservation de l’intégrité territoriale et la lutte contre les fléaux qui gangrènent notre pays, tels que la mauvaise gouvernance et le détournement des fonds publics », a-t-il souligné. Le président Félix Tshisekedi, arrivé au pouvoir en 2019 après des élections controversées, fait face à des critiques persistantes sur la gestion de son mandat. Ses opposants l’accusent de privilégier des projets constitutionnels hasardeux au détriment de la gouvernance et de la stabilité sociale. L’un d’entre eux a déclaré : « Les dispositions constitutionnelles ne peuvent pas être invoquées pour légitimer l’inertie d’un gouvernement ou justifier des décisions contraires à la volonté populaire. Le peuple congolais ne saurait être le spectateur d’une telle dérive »
Alors que le débat autour de l’interprétation de la Constitution prend une tournure politique de plus en plus tendue, les appels à la mobilisation se multiplient pour empêcher tout projet de modification constitutionnelle qui pourrait menacer l’intégrité territoriale ou les principes démocratiques fondamentaux. Pour certains observateurs, ce débat souligne l’urgence d’une lecture rigoureuse et fidèle des textes légaux, en veillant à ce qu’ils restent au service de l’intérêt supérieur de la nation.
Affaire à suivre.
