En 2021, pour se désolidariser de l’influence de Joseph Kabila qui pesait fort sur son pouvoir, dans un discours de six minutes, le Président Tshisekedi annonçait la création de l’Union Sacrée de la Nation. Son parti, Union pour la Démocratie et le Progrès Social, UDPS, hérité de son père Étienne Tshisekedi Wa Mulumba, plus tard élevé au rang de héros national, avait de la peine à exercer tout son pouvoir aux côtés des caciques du PPRD difficile à « intimider ».
Plusieurs blocages dans toutes les actions politiques de Félix Tshisekedi, des critiques personnelles ainsi que le non respect de la parole du « chef », tout cela avait conduit à la morgue la coalition dite FCC-CACH et obligé la création de cette Union Sacrée de la Nation.
Le parti présidentiel UDPS n’étant pas assez efficace sur l’échiquier national, pas d’encrage ni de force politique considérable que seule la personne du Chef de l’Etat, pourtant, en République Démocratique du Congo, le vrai pouvoir appartient à celui qui pèse le plus au parlement, il fallait crier au secours !

Il fallait donc faire appel aux autres formations politiques qui ont de l’encrage et qui étaient bien assis au parlement, telles que sa première force politique, l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés, AFDC-A, du Professeur Modeste Bahati Lukwebo, avec ses 44 députés nationaux, 70 députés provinciaux et 13 sénateurs, le Mouvement de Libération du Congo, MLC, de Jean Pierre Bemba Gombo, l’Union pour la Nation Congolaise, UNC, de Vital Kamerhe bien que rescapé du Cap pour le Changement qui venait d’être dissous, et une bonne moitié des frustrés de l’ancien parti présidentiel, Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie, PPRD de Joseph Kabila et ses partenaires de l’époque.
C’était le cocktail possible qu’il fallait au Président Félix Tshisekedi pour renverser la majorité et se la taper sans égratignures. De 2021 au 20 décembre 2023, jour des élections, le parti présidentiel s’est un peu comporté en bon partenaire, jusqu’à ce qu’après les élections présidentielles, Félix Tshisekedi s’en sortait avec 73,34% des suffrages exprimés, une victoire écrasante acquise des efforts de plusieurs de ses alliés précités.

Malheureusement, viendra la composition du gouvernement Judith Suminwa Tuluka, où l’UDPS et ses mosaïques se taperont la plus grande part du butin électoral avec une Première ministre, chef du gouvernement, 5 des 6 Vice-premiers ministres, 4 des 10 Ministres d’Etat, 10 des 24 ministres, des ministres délégués et des vice-ministres.
Un partage très problématique et qui a crée des frustrations au sein d’une majorité qui peut basculer à tout moment, déjà qu’au sein même du parti présidentiel, plusieurs camps se forment, suite aux insatisfactions visibles de ses membres.

Comment comprendre, par exemple, qu’un regroupement politique comme l’AFDC-A de Modeste Bahati, avec ses 40 députés nationaux, 77 députés provinciaux. 94 conseillers municipaux et 13 sénateurs, puisse manquer un Vice-premier ministre, ni un ministre d’Etat et n’a plutôt que droit à deux postes ministériels peu importants à l’image de son poids politique.

C’est très visible que même le MLC, l’ACP, CODE et les autres restent frustrés à cause de ce partage qui ne respecte pas leur contribution électorale et leur poids politiques. L’on se rappellera qu’il a suffit un simple discours de 6 minutes pour faire basculer la majorité mais, il faut noter que la facilité est venue d’abord des frustrations internes et qui n’étaient pas considérées.

Le Président Tshisekedi a encore le temps de revoir ses calculs et est appelé à mettre de l’ordre dans les ambitions de son parti qui écrase ses alliés car, malgré ses 150 députés nationaux, l’UDPS et sa mosaïque ne parviendront pas à tenir jusqu’à fin mandat, si toutes ces erreurs ne sont pas corrigées.
Rédaction
