Dans sa décision légendaire de dissoudre l’Assemblée Nationale Française, Emmanuel Macron misait sur plusieurs points de division de la gauche et le rejet de l’extrême droite pour obtenir une majorité absolue. Malheureusement, le dimanche 30 juin dernier, il a subi une lourde et insoutenable défaite juste au premier tour des élections législatives anticipées, très loin derrière un Rassemblement national aux portes de son pouvoir.
Trois semaines après la prise de cette décision qui voulait sauver son pouvoir, le rejet de l’extrême-droite à laquelle sa décision de dissoudre l’assemblée nationale faisait allusion, l’union de la gauche et la vague du Rassemblement national ont accouché de résultats contraires à ce qu’avait imaginé le président de la République française pour le premier tour des élections législatives anticipées.
Sa propre coalition dite présidentielle Ensemble est arrivée troisième avec 20,04 % des voix, dimanche 30 juin, derrière le Nouveau Front populaire (27,99 %) et le Rassemblement national et ses alliés (33,15 %).
Emmanuel Macron pensait pouvoir rééditer ce qui avait déjà fonctionné à trois reprises par le passé en France : se présenter comme un rempart face à l’extrême droite, comme au second tour de la présidentielle 2017 et au second tour de la présidentielle 2022 pour l’emporter face à Marine Le Pen puis, dans une moindre mesure, au second tour des législatives 2022 pour obtenir une majorité relative à l’Assemblée nationale.
Macron reste toutefois persuadé qu’il peut encore rassembler sur son nom et multiplie les interventions médiatiques – grande conférence de presse, déplacements sur le terrain à répétition, lettre aux Français, longue interview dans un podcast –, quand ses candidats préfèrent effacer son visage de leurs tracts.
Entre le raz-de-marée du premier tour des législatives 2017, lorsqu’il suffisait pour des novices en politique de poser avec Emmanuel Macron pour être élu, et la campagne de 2024, le contraste est saisissant. Il illustre la chute du président et de la macronie après sept années de pouvoir, dont un début de second quinquennat marqué par une réforme des retraites passée au forceps et une loi immigration qui a choqué jusque dans ses propres rangs.
Rédaction, avec l’appui de France 24.
