Il est tout à fait clair que les vieux démons de la deuxième guerre du Congo(1998) ne cessent de planer sur la région des grands lacs, surtout avec des fortes tensions qui refusent de se calmer entre la RDC et le Rwanda. Alors que Joseph Kabila, ancien Chef d’Etat Congolais, laissait vide la diplomatie du Rwanda voisin à Kinshasa, pour des raisons de tensions exacerbes qui persistaient entre son pays et celui de Paul Kagame, c’est l’actuel Chef de l’Etat, Felix Tshisekedi, dans la fraicheur de ses fonctions, qui avait tenté à son tour de revoir les manières de vivre entre les deux Etats.
Malheureusement, deux ans et trois mois après ce renouement des relations diplomatiques, marqués par la présence de Paul Kagame très ovationné par des milliers de congolais à Kinshasa au stade des Martyrs lors des obsèques d’Etienne Tahisekedi le 31 mai 2019 mais aussi cette présence en janvier 2019 de son Directeur de cabinet Vital Kamerhe lors du mariage du tout puissant Général Gems Kabarebe, c’est le 29 octobre 2022 que les tentions ont réveillé ces démons des conflits qui ont poussé Kinshasa de mettre fin à la mission diplomatique du Rwandais Vincent Karega, natif de la région du Kivu, comme Ambassadeur de son pays en République Démocratique du Congo mais aussi le renvoie de la compagnie aérienne Rwandaise, Rwandair, soupçonnée d’être la voie par laquelle passent les fonds secrets d’investigations pour l’élimination des opposants au régime de Paul Kagame, selon un ancien général Rwandais devenu extrémiste.

Il vous souviendra donc qu’en 2022, les autorités congolaises avaient affirmé avoir démantelé un réseau d’espions au service du Rwanda à Kinshasa.

Leurs identités avaient été divulguées par le Ministère de l’intérieur et sécurité en collaboration avec l’armée et la police congolaise via la Télévision Nationale. Parmi ces espions, fuguerait un officier de l’armée Rwandaise sous couverture d’un humanitaire au sein de l’ONG « African Health Development Organization », AHDO en sigle.
Le comportement du Rwanda, un frein pour son avenir ?
La cause de l’expulsion de l’Ambassadeur Rwandais, a été le « soutien que le régime de Paul Kagame offre » aux rebelles du M23, qui terrorisent l’Est de la RDC, précisément au Kivu. Le gouvernement Congolais qui ne cesse d’accuser le Rwanda qui pour son implication dans cette guerre dit fermement que son voisin équipe, forme et envoie ses militaires sur le sol Congolais pour épauler les rebelles du M23 dans le pillage et les massacres des milliers de congolais.

Ce comportement du Rwanda a ainsi obligé le pouvoir de Kinshasa à expulser le diplomate Rwandais, Vincent Karega de son territoire, sans lui donner longue préavis. Mais, le régime de Kigali, encore sous le lead de Paul Kagame, nie toutes les accusations du gouvernement Congolais et même les résultats d’enquêtes menées par des experts des Nations Unies et autres organisations de défense des droits de l’homme qui prouvent l’implication directes de Kigali dans les troubles sécuritaires, les massacres des citoyens et autres crimes récurrents dans l’Est de la RDC.
Selon le porte-parole de l’armée Congolaise, le General Sylvain Ekenge depuis Kinshasa, ces espions avaient infiltré quelques officiers des Forces Armées de la RDC mais aussi des personnalités politiques d’envergure ainsi que des opérateurs économiques et membres de la société civile.

Toujours selon le Ministère de l’intérieur Congolais, par son Vice-Ministre de l’époque, Monsieur Jean-Claude Molipe, ces espions avaient déjà acquis un important patrimoine foncier dans le périmètre de l’aéroport International de Ndjili et de la base militaire de Kibomango laissant ainsi entrevoir la préparation d’un plan jugé machiavélique comparé à celui qui avait abouti à l’assassinat de l’ancien Président Rwandais Habyarimana et son homologue Burundais, un des faits qui ont déclenché le génocide au Rwanda.
L’Afrique du Sud l’avait également fait…
La même faute qui a provoqué l’expulsion de l’Ambassadeur Rwandais en poste à Kinshasa, l’homme de Paul Kagame et l’un de ses stratèges, Vincent Karega, est presque similaire à celle qui avait conduit le même diplomate à être expulsé de Afrique du Sud en 2014 où il avait déjà passé 8 ans de mission. C’est toujours la violation de la souveraineté du territoire étranger qui a énervé les autorités Sud-Africaines et Congolaise à prendre des telles décisions contre un pays qui abuse de la coopération bilatérale.
Le même Vincent Karega était ambassadeur à Pretoria lors que les émissaires Rwandais étaient soupçonnés d’être impliqués dans des attaques sur le sol Sud-Africaines contre des opposants au régime de Paul Kagame.
L’Afrique du Sud avait indiqué à l’époque qu’elle n’attendait pas être le « Théâtre de règlement de comptes politiques étrangers » c’est pourquoi, le pays avait expulsé des diplomates Rwandais soupçonnées d’avoir voulu éliminer l’opposant Rwandais exilé en Afrique du Sud, Faustin Kayumba Nyamwasa, ancien Général de l’armée Rwandaise parce qu’il en connaissait beaucoup trop sur les méthodes et pratiques du régime contre tout celui qui refuse de se soumettre aux volontés du seul homme fort du Rwanda, Paul Kagame.
Face à ces expulsions, le Rwanda avait répliqué, via son Ministre de des Affaires étrangères de l’époque, Louise Mushikiwabo, actuelle Secrétaire Générale de la Francophonie, par dire que « l’expulsion par l’Afrique du Sud de diplomates Rwandais respectant les lois était tout simplement une erreur et le Rwanda a tout à fait le droit de réponse. Des bonnes relations diplomatiques seraient plus faciles si l’Afrique du Sud faisait quelque chose contre les activistes illégales sur son sol des réfugiés Rwandais qu’elle protège ».
Le tour de la Belgique
Quelque 5 mois seulement après son expulsion de la RDC, Vincent Karega avait été proposé par son pays le Rwanda, d’occuper le poste d’Ambassadeur en poste en Belgique. Très vite, cela a voulu secouer des bonnes relations entre Bruxelles et Kinshasa qui venait d’expulser le même diplomate Rwandais à cause de l’implication de son pays dans la guerre qui secoue le tissu économique et social de sa partie Est. En signe de bonne foi et au nom de la coopération bilatérale historique entre la Belgique et la RDC, peut-être, Bruxelles avait catégoriquement refusé cette accréditation.
La vérité découverte derrière ce refus d’accréditation du diplomate Rwandais sur le sol belge est aussi loin d’être seulement le fait pour la Belgique de respecter ses bonnes relations avec la RDC. Ce refus est surtout les meurtres de deux Belges en Afrique du Sud dans lesquels Bruxelles soupçonnait l’implication du Rwanda, au moment où Vincent Karega était encore Ambassadeur du Rwanda à Pretoria. Ces deux belges dont Pieter-Jan Staelen, 36 ans, un ancien avocat de Bruges qui avait été retrouvé mort dans sa voiture brulée le long de la route dans la région de Hermanus près du Cap, enquêtant, semble-t-il, sur la mort de Thomas Ngeze, un jeune étudiant de 27 ans , Belge d’origine Rwandaise avec qui il était déjà en contact, retrouvé pendu dans sa chambre d’hôtel, alors que lui aussi enquêtait sur les accusations ainsi de l’arrestations de son père, Hassan Ngeze, condamné dans le cadre du tribunal sur le Rwanda pour « son implication dans le génocide ». C’est donc le père de Pieter-Jan Staelen qui était aussi avocat d’Hassan Ngeze, père de Thomas Ngeze.

La réaction de Kigali en rapport avec le refus de la Belgique d’accepter l’accréditation de son Ambassadeur Vincent Karega n’a pas tardée. Kigali avait trouvé « regrettable que le gouvernement belge semblait avoir capitulé face aux pressions du gouvernement de la RDC et à la propagation des organisations et militants négationnistes ». La porte-parole du gouvernement Rwandais, Yolande Makolo, ancienne Directrice de la Compagnie Rwandair, Kassaienne (Région du centre de la RDC) de Père et Rwandaise de mère, avait même préconisé que « cela n’augurait rien de bon pour les relations bilatérales entre les deux pays».
Ce qui s’observe déjà…
Ainsi donc, le Rwanda serait en train de perdre le contrôle de sa politique étrangère et la force de son grand réseau de renseignement étranger avec la démystification par le Président Felix Tshisekedi qui, depuis près de trois ans, est parvenu à dégoter des lourdes déclarations des grandes puissances comme les USA, la Russie, le Canada, la Belgique, la Grande Bretagne, la France bien qu’avec froideur, la Pologne et autres, contre les agitations et les actions du régime de Paul Kagame en RDC. C’est en tout cas l’image que nos enquêtes révèlent car, avec l’appui, les anciens et nouveaux accords entre les Etats Unis (qui ont pourtant protégé le Rwanda depuis des décennies) et le Kenya qui semble être le nouveau alliés de l’administration Joe Biden en dans la Région des Grands Lacs. Cela a d’ailleurs été concrétisé par la toute première visite d’Etat d’un Chef d’Etat Africain au États-unis depuis plus de 15 ans, accordée au Président Kenyan, William Ruto où il a été vu comme un ami, plutôt comme Président des Kenyans.

Le Rwanda, qui se prépare aux élections en juillet 2024, aurait-il des moyens politiques conséquents pour reconduire le régime de Kigali avec des pourcentages époustouflants ?
Rédaction.

Un article très clair qui cloue le Rwanda