Le Mauritanien Sidi Ould Tah a été élu, ce 29 mai, président de la Banque africaine de développement (BAD) avec 76,18 % des voix, à l’issue de trois tours de scrutin. Il succède au Nigérian Akinwumi Adesina et devient le 9e président de l’institution pour un mandat de cinq ans.
Ancien ministre mauritanien de l’Économie et ex-directeur de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (Badea), Sidi Ould Tah a su capitaliser sur son profil de trait d’union entre l’Afrique et le monde arabe. Sa campagne, appuyée par les solides réseaux diplomatiques mauritaniens et les soutiens des pays de la Ligue arabe, a fait mouche, notamment grâce à son programme ambitieux en quatre axes : réforme de l’architecture financière, valorisation du dividende démographique, industrialisation durable et mobilisation massive de capitaux.
Son bilan à la Badea est impressionnant : multiplication par douze des approbations annuelles, baisse du taux de créances douteuses à 0,5 % et relèvement de la note de crédit à AA+. C’est cette expertise qui semble avoir convaincu les actionnaires africains et non-africains de la BAD.
Réputé discret, le nouveau président devra poursuivre la mise en œuvre de la stratégie décennale 2024-2033, tout en imprimant sa propre vision. « La BAD peut faire mieux et doit faire plus », affirmait-il durant la campagne. Il entrera en fonction le 1er septembre, à la tête d’une institution en excellente santé financière, mais encore en quête d’une influence équivalente à celle d’autres banques de développement mondiales.
« Now, it’s time to go to work. I’m ready », a-t-il conclu après son élection.
Rédaction.
