Ce jeudi 22 mai 2025, Une décision sans précédent a été prise par la plénière du Sénat de la République démocratique du Congo : les sénateurs ont voté, à bulletin secret, la levée des immunités du sénateur à vie et ancien président de la République, Joseph Kabila Kabange. Sur les 98 sénateurs présents, 88 se sont prononcés en faveur de cette résolution, autorisant ainsi des poursuites judiciaires à son encontre.
Cette décision fait suite aux accusations formulées par la Haute Cour Militaire, qui soupçonne l’ancien chef de l’État de soutien actif à la rébellion de l’AFC/M23, dans l’Est de la RDC. Les chefs d’accusation évoqués sont d’une extrême gravité : trahison, crimes de guerre et soutien à un mouvement rebelle armé, en violation de la Constitution et des lois de la République.
La séance plénière, initialement suspendue dans l’après-midi pour permettre la distribution du rapport final de la commission ad hoc aux sénateurs, a repris dans une atmosphère tendue et solennelle. Le rapport de la commission du Sénat, fruit de plusieurs jours de délibérations, a mis en lumière des éléments jugés accablants.
Parmi ceux-ci figure le témoignage de M. Éric Nkuba, qui affirme avoir assisté personnellement à un échange téléphonique entre Joseph Kabila et l’ancien président de la CENI, Corneille Nangaa, à Kampala. Ce témoignage a été jugé « crédible et constant » par la commission, d’autant plus qu’il a également été recueilli par la Cour pénale internationale (CPI).
Autre élément majeur : la présence avérée de Joseph Kabila à Goma durant une période critique, confirmée par les déclarations publiques de M. Serge Tshibengu, secrétaire exécutif du PPRD, sur la chaîne TV5. L’auditeur général s’est appuyé sur ces déclarations, mais aussi sur les rapports de médias internationaux pour étayer l’accusation.
La levée des immunités ouvre désormais la voie à une procédure judiciaire qui pourrait marquer un tournant décisif dans la lutte contre l’impunité en RDC. Cette affaire, très sensible politiquement, pourrait avoir des répercussions importantes sur le paysage national, voire régional.
L’ancien président Joseph Kabila, qui n’a pas encore réagi publiquement, conserve toutefois ses droits à la défense. Son camp, tout comme une partie de l’opposition, dénonce une manœuvre politique destinée à affaiblir le PPRD et ses alliés.
Affaire à suivre.
Rédaction
