Dans la cité de Sake, territoire de Masisi au Nord-Kivu, le temps s’étire, cruel et oppressant, pour des centaines de civils pris en otage par les affrontements armés qui déchirent la la cité, dernier rempart pour arriver dans à Goma en provenance du Sud de la ville, depuis plusieurs jours. Parmi ces civils, des femmes enceintes, des enfants, des personnes âgées et vivants avec handicap et des malades, incapables de fuir, souffrent dans une détresse indicible, leur survie suspendue à l’espoir d’un corridor humanitaire qui tarde à voir le jour.
Selon Léopold Muisha Busanga, président de la société civile forces vives de Kamuronza, la situation atteint des proportions dramatiques.
« Les conditions de vie se dégradent à une vitesse alarmante. Ces personnes n’ont ni vivres, ni eau potable, ni accès aux soins médicaux depuis des jours. Elles sont abandonnées à leur sort dans une cité devenue un piège mortel », déclare-t-il, visiblement ému.
Sake, autrefois carrefour stratégique du territoire de Masisi, est aujourd’hui une cité fantôme, assiégée par la violence. Si certains habitants ont pu fuir vers des zones plus sécurisées, les plus vulnérables demeurent prisonniers, incapables de braver les lignes de front ou de parcourir les kilomètres nécessaires pour atteindre Goma, où une aide pourrait leur être apportée.
Face à cette tragédie silencieuse, des appels désespérés sont lancés à la communauté internationale. Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR), la Mission de l’ONU pour la Stabilisation en RD Congo (Monusco) et la Communauté de Développement d’Afrique Australe (SADC) sont exhortés à intervenir d’urgence. La création d’un corridor humanitaire sécurisé apparaît comme une nécessité impérieuse pour éviter une catastrophe de grande ampleur.
« Nous ne pouvons pas tolérer que l’inaction conduise à une hécatombe évitable. Ces vies méritent d’être sauvées. Le monde a le devoir de réagir », martèle Léopold Muisha Busanga.
Tandis que les jours passent et que l’espoir vacille, Sake devient le symbole d’une humanité en quête de secours, d’une population en lutte contre l’oubli. Une intervention immédiate est indispensable, car le silence, dans ces instants, pourrait se révéler aussi meurtrier que les balles.
Rédaction
