Alors que Félix Tshisekedi campe sur son refus de négocier avec le M23, le groupe rebelle, soutenu selon l’ONU par Kigali, multiplie ses avancées inquiétantes. Les villes stratégiques de l’Est, comme Goma, Bukavu et certaines cités comme Sake, Minova et Luberon, voient leurs routes vitales coupées, isolant davantage les forces armées congolaises de tout ravitaillement direct.
Depuis lundi, les rebelles ont étendu leur contrôle jusqu’à Minova, dans le Sud-Kivu, accentuant la pression sur Bukavu et Goma.
« Nous faisons tout pour ralentir l’ennemi, mais nos troupes manquent de ressources et de motivation », confie un sous-lieutenant posté à Kalehe.
Sur le front diplomatique, les échecs s’accumulent. Les pourparlers régionaux piétinent, emportés par les antagonismes profonds entre Kinshasa et Kigali. « Le ton est devenu si virulent qu’un dialogue entre Tshisekedi et Kagame semble désormais utopique », analyse un ancien diplomate européen.
Corneille Nangaa, ancien Président de la Commission Électorale Nationale Indépendante, CENI, et actuel coordonnateur du mouvement rebelle Alliance Fleuve Congo, AFC, allié au M23, rejette toute hostilité envers les troupes congolaises.
« Nos vrais ennemis sont les FDLR, les Burundais et quelques milices locales », affirme-t-il à un média locale, tout en soulignant que son mouvement évite les confrontations avec la MONUSCO et les forces de la SADC.
Cependant, les intentions des rebelles ne laissent aucun doute : « Kinshasa est notre objectif », martèle Nangaa. Il prône une refonte totale du Congo : armée, police, justice, administration – tout serait à reconstruire. Mais derrière ce discours de libération nationale, se profile l’ombre d’intérêts économiques, notamment autour des richesses minières de Kalehe, Walikale, Masisi.
Pendant ce temps, Bukavu et Goma retiennent leur souffle.
« Ils sont proches », s’inquiète un habitant. Le spectre d’une catastrophe humanitaire grandit : plus de 7 millions de déplacés et des milliers de morts sont déjà dénombrés.
Face à l’inaction des initiatives internationales, l’Est du Congo semble plus que jamais sombrer dans l’abîme.
Rédaction
