Le sommet de la paix entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, prévu ce dimanche 15 décembre à Luanda, a été annulé, replongeant les relations entre les deux pays dans une impasse inquiétante. Organisée sous l’égide du président angolais João Lourenço, médiateur mandaté par l’Union africaine, cette rencontre devait aboutir à un accord visant à restaurer la paix dans l’est de la RDC, région minée par des conflits depuis trois décennies.
Cependant, les négociations préalables, menées samedi entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays, ont échoué. Selon Giscard Kusema, porte-parole de la présidence congolaise, le Rwanda exigeait comme condition préalable un dialogue direct entre Kinshasa et le M23, un groupe armé soutenu par Kigali, responsable de vastes conquêtes territoriales depuis 2021. Cette exigence, perçue comme inacceptable par la RDC, a scellé l’impasse.
Félix Tshisekedi, déjà présent à Luanda, n’a pas été rejoint par Paul Kagame, qui a jugé le sommet « non pertinent » après l’échec des pourparlers. Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a accusé Kinshasa d’intransigeance et dénoncé un « climat de menaces constantes », affirmant que des responsables congolais, y compris le président Tshisekedi, viseraient un « changement de régime » à Kigali.
La situation dans l’est de la RDC reste explosive. Le M23 contrôle des territoires stratégiques et encercle Goma, capitale du Nord-Kivu. Plus d’un million de déplacés vivent dans des conditions précaires, victimes collatérales d’un conflit complexe exacerbé par des rivalités géopolitiques et économiques autour des ressources minières de la région.
Ce nouvel échec diplomatique laisse peu d’espoir à court terme pour une désescalade. Alors que la communauté internationale exhorte à une solution concertée, l’annulation de ce sommet marque un recul inquiétant pour les efforts de pacification dans une région au bord de l’implosion.
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