Washington, 27 juin 2025 – Un tournant décisif vient d’être franchi dans la crise sécuritaire de la région des Grands Lacs. La République Démocratique du Congo (RDC) et la République du Rwanda ont signé un accord de paix historique, mettant un terme à des années de tensions armées et de méfiance mutuelle. La cérémonie s’est tenue à Washington, en présence des représentants des deux États, sous la facilitation des États-Unis, du Qatar et de l’Union africaine.
Des engagements forts pour la stabilité régionale
Au cœur de cet accord : la reconnaissance mutuelle de l’intégrité territoriale et l’engagement ferme des deux pays à cesser tout soutien aux groupes armés, notamment les FDLR et le M23, au profit d’un règlement exclusivement politique. Les deux parties s’interdisent tout acte hostile, direct ou indirect, sur ou à partir de leurs territoires respectifs.
L’accord prévoit également la mise en œuvre du plan CONOPS, adopté à Luanda en 2024, qui établit une stratégie coordonnée de neutralisation des forces négatives et de désengagement des troupes rwandaises de l’Est de la RDC.
Un mécanisme conjoint de sécurité et une coordination internationale
Un Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité (JSCM) sera mis en place dans les 30 jours, avec des représentants permanents des deux pays, appuyés par les États-Unis et le Qatar en tant qu’observateurs. Ce mécanisme aura pour mission de surveiller l’exécution du plan CONOPS, d’échanger des renseignements, de coordonner les opérations de neutralisation des groupes armés et de renforcer la confiance mutuelle.
Retour des réfugiés, aide humanitaire et développement économique
L’accord engage également les deux pays à faciliter le retour sécurisé et volontaire des réfugiés congolais et rwandais, et à créer les conditions humanitaires favorables pour les déplacés internes. Les agences onusiennes sont appelées à jouer un rôle actif dans cette démarche.
Autre volet stratégique : le lancement, dans un délai de trois mois, d’un cadre d’intégration économique régionale. Celui-ci inclura des projets communs dans les secteurs des mines, de l’énergie, de la gestion des ressources naturelles (notamment le lac Kivu), et la transparence des chaînes de valeur des minerais stratégiques, en collaboration avec des partenaires internationaux, notamment américains.
Une paix durable, sous haute surveillance
La MONUSCO reste un acteur clé dans ce processus, avec un mandat renforcé pour protéger les civils. Un Comité de surveillance conjointe sera chargé de régler d’éventuels différends relatifs à l’exécution de l’accord.
Signé sans limitation de durée, l’accord prévoit néanmoins la possibilité de résiliation avec un préavis de 60 jours. Il incarne une volonté partagée de rompre avec le cycle des violences et de bâtir une paix durable dans l’Est de la RDC, au bénéfice des populations longtemps meurtries par les conflits.
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