Kinshasa , RDC – 13 mai 2025
Face à la tragédie survenue dans la nuit du 8 au 9 mai 2025 dans le village de Kasaba, près de Yungu, dans le secteur de Ngandja, groupement de Babungwe Sud, Philippe Undji, personnalité politique de premier plan dans le territoire de Fizi, hausse le ton et appelle les gouvernement à agir comme il en est de coutume dans d’autres circonscriptions du pays. Dans une déclaration publique, il dénonce une « discrimination systémique » de la part du Gouvernement central face aux calamités naturelles qui frappent son territoire.
Ce jour-là, une pluie diluvienne d’une rare intensité s’est abattue sur le territoire , provoquant une inondation massive qui a emporté maisons, champs et biens. Le bilan est dramatique : plus de 190 morts, des dizaines de disparus, des centaines de sinistrés et des infrastructures anéanties. Pourtant, malgré l’ampleur de la catastrophe, aucune intervention gouvernementale significative n’a été enregistrée et jusqu’à présent aucune mesure à ce jour n’est encore prise au niveau des Institutions.
« C’est inacceptable que des Congolais meurent dans l’indifférence totale pendant que le pays continue de fonctionner comme si de rien n’était. Pourquoi les populations de Fizi sont-elles toujours oubliées ? » s’est insurgé Philippe Undji lors d’un point de presse tenu à Kinshasa ce 12 mai 2025 à sa résidence de macampagne / Ngaliema.
Selon lui, cette tragédie est l’illustration la plus récente d’un schéma récurrent : les territoires reculés comme Fizi sont systématiquement exclus des dispositifs d’urgence nationaux. Il appelle les Autorités à rompre avec cette politique d’abandon qui, selon lui, constitue une grave atteinte à l’unité nationale.
« Fizi ne peut plus rester la face invisible de la République.
Chaque vie congolaise compte, qu’elle soit à Kinshasa, yandonge, ngandajika à béni ou à Kasaba », a-t-il déclaré avec émotion, exigeant une enquête parlementaire sur la gestion des aides en cas de catastrophe naturelle, ainsi que l’envoi immédiat d’une mission humanitaire gouvernementale dans la zone sinistrée.
Des organisations locales de la société civile appuient cette dénonciation et plaident, elles aussi, pour une réponse urgente.
Elles interpellent le gouvernement sur son obligation constitutionnelle de protection et d’assistance à toutes les populations en danger, sans distinction géographique ou politique.
Alors que les rescapés de Kasaba tentent de survivre dans des conditions précaires, l’absence d’une réponse étatique soulève une vive inquiétude sur la place réelle qu’occupe Fizi dans les priorités nationales.
Rédaction
