La récente déclaration du Président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive dans les milieux politiques congolais. Dans une sortie médiatique inattendue au perchoir de l’hémicycle de la chambre basse du parlement, le leader de l’Union pour la Nation Congolaise,UNC, a affirmé que son bureau ne bénéficie pas des moyens nécessaires pour son bon fonctionnement, allant jusqu’à déclarer que l’Assemblée nationale fonctionne grâce aux ressources personnelles de certains membres, tout comme l’organisation des plénières dépend des certains mécanismes individuels.
Une telle déclaration, perçue par beaucoup comme un désaveu public envers le gouvernement, a suscité une onde de choc au sein de la majorité présidentielle. Plusieurs sources proches de l’exécutif ont fermement démenti ces propos, assurant que le gouvernement n’a enregistré aucun retard dans le décaissement des frais de fonctionnement des institutions, y compris ceux destinés à l’Assemblée nationale.
Certains analystes politiques estiment que cette posture de Vital Kamerhe s’inscrit dans une stratégie de victimisation visant à relancer sa dynamique politique en perte de vitesse depuis la fin de la coalition CACH. Pour d’autres, il s’agit d’une tentative délibérée de discréditer la gestion du Chef de l’État, ses capacités à assurer le bon fonctionnement des institutions, en créant une fausse perception de dysfonctionnement institutionnel.
Au sein de l’UDPS, parti présidentiel, plusieurs voix dénoncent une dérive populiste et une attaque frontale contre la stabilité des institutions. « Ce genre de propos ne devrait jamais venir d’un haut responsable censé incarner la responsabilité et la sagesse républicaine », a déclaré un cadre du parti.
Tandis que les partisans de l’UNC crient au sabotage politique orchestré par leurs alliés d’hier, de nombreuses opinions s’accordent à dire que le Président de l’Assemblée nationale aurait dû privilégier le dialogue interne au lieu d’étaler sur la place publique ce qui semble être un différend de gestion.
Quoi qu’il en soit, cette polémique révèle une fracture persistante au sein de la majorité, à quelques mois d’échéances politiques décisives.
Rédaction
