Kinshasa, 17 mars 2025 – Dans un contexte géopolitique marqué par une recrudescence des tensions dans l’est de la République démocratique du Congo, Kinshasa adopte une posture ferme et diplomatiquement structurée en vue de garantir l’aboutissement d’un processus de stabilisation cohérent et juridiquement encadré. À cet effet, la RDC a formulé plusieurs exigences visant à structurer et sécuriser les négociations en cours, notamment par la désignation d’un facilitateur de haut niveau, la fixation de jalons temporels précis et le renforcement des mécanismes multilatéraux déjà en place.
Parmi les propositions phares émises par Kinshasa figure la nomination de Son Excellence Sahle-Work Zewde, ancienne présidente de l’Éthiopie, en tant que co-facilitatrice du processus. Ce choix, qui s’appuie sur son expérience diplomatique avérée et son engagement en faveur des processus de pacification régionale, vise à garantir un cadre impartial, rigoureux et conforme aux impératifs de la souveraineté congolaise. Cette initiative témoigne de la volonté de la RDC d’introduire une nouvelle dynamique dans la médiation, tout en veillant à éviter toute interférence susceptible de biaiser les conclusions des pourparlers.
Dans un souci d’efficacité, Kinshasa insiste également sur la nécessité impérieuse de structurer la feuille de route des négociations autour de calendriers précis et juridiquement contraignants. La République démocratique du Congo plaide ainsi pour une inscription claire des échéances relatives à l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, ainsi qu’au retrait immédiat et inconditionnel du M23 et des Forces de Défense Rwandaises (RDF) du territoire congolais. Cette exigence s’inscrit en droite ligne de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies et des conclusions du sommet EAC-SADC tenu à Dar es Salaam le 8 février 2025. L’objectif est d’éviter toute dilution des engagements dans des formulations évasives, sources potentielles d’inertie et d’instrumentalisation politique.
Par ailleurs, Kinshasa réitère son attachement au renforcement et à l’optimisation des cadres diplomatiques existants. La convergence des processus de Luanda et de Nairobi, en synergie avec la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et son Mécanisme Conjoint de Vérification Élargi (MCVE), constitue un levier fondamental pour éviter la fragmentation des efforts diplomatiques et garantir une réponse globale et articulée.
Enfin, la RDC souligne l’impératif d’une mise en œuvre diligente et effective de la résolution 2773 (2025) du Conseil de sécurité des Nations unies. Ce cadre juridiquement contraignant s’impose à toutes les parties prenantes et constitue un socle indéfectible pour la stabilisation de l’est congolais et, plus largement, de l’ensemble de la sous-région. La RDC exhorte ainsi l’ensemble des acteurs impliqués à privilégier une approche pragmatique, fondée sur la matérialisation des engagements et l’évaluation rigoureuse des progrès réalisés.
Cette démarche traduit la volonté inébranlable de Kinshasa de ne pas céder à des artifices diplomatiques dénués de substance, mais d’asseoir une dynamique de paix et de stabilité sur des fondements tangibles, inscrits dans une logique de souveraineté nationale et de respect du droit international.
Rédaction
