Le 22 février 2025, la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) a rendu publique une déclaration percutante depuis Kinshasa, condamnant avec vigueur la stigmatisation et les violences ciblant les communautés swahilophones, particulièrement à Kinshasa.
Signée par Mgr Donatien Nshole, Secrétaire général de la CENCO, ce texte alerte sur les graves conséquences d’une discrimination linguistique qui menace la cohésion nationale dans l’Est de la République démocratique du Congo, une région déjà marquée par des conflits armés et des insécurités persistantes.
La CENCO dénonce des actes de violence et de persécution fondés sur l’usage de la langue swahilie, souvent perçue à tort comme un marqueur d’étrangeté ou de complicité avec des groupes armés. Ces préjugés alimentent une chasse aux sorcières, forçant des familles swahilophones à fuir leurs terres, abandonnant maisons et moyens de subsistance.
Les évêques et archevêques rappellent que le swahili, loin d’être une langue étrangère, est profondément enraciné dans l’histoire et la culture congolaises, notamment dans l’Est, où il coexiste avec d’autres langues nationales. Ils dénoncent les stéréotypes et les rancunes qui divisent les communautés, appelant à une introspection collective pour surmonter ces divisions.
L’Église catholique exhorte les autorités congolaises à prendre des mesures concrètes pour protéger les droits des swahilophones, garantir leur sécurité et prévenir toute forme de ségrégation. Elle critique les discours politiques et sociaux qui, en stigmatisant ces populations, risquent d’attiser les tensions et d’embraser davantage une région déjà fragilisée.
La CENCO invite également les Congolais à la compassion, en particulier envers les milliers de familles contraintes de fuir la guerre et l’insécurité, et à œuvrer pour une coexistence pacifique. Par ailleurs, la déclaration souligne l’importance d’un dialogue national inclusif pour renforcer la cohésion sociale et préserver l’unité du pays. Elle appelle les leaders politiques, religieux et communautaires à unir leurs efforts, notamment en évitant les discours haineux ou discriminatoires.
Enfin, la CENCO prie pour la paix et l’unité sous l’intercession de la Vierge Marie, invoquée comme protectrice du Congo, dans un contexte où la nation fait face à des défis majeurs de stabilité et de solidarité. Ce cri d’alarme résonne comme un appel urgent à l’action pour éviter une escalade des violences et maintenir l’harmonie entre les communautés congolaises.
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