Après des années d’atermoiements, la communauté internationale semble enfin se réveiller face à la tragédie qui ensanglante l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Depuis la semaine dernière, le M23, appuyé par le Rwanda, a mené l’une de ses offensives les plus meurtrières, coûtant la vie à des nombreux civils, militaires et soldats du maintien de la paix, notamment 14 soldats sud-africains. Tandis que les rebelles pénétraient brièvement dans la ville de Goma, le Conseil de sécurité de l’ONU convoquait une réunion d’urgence et condamnait l’agression le 26 janvier 2025.
Pretoria, frappée en plein cœur, organisait une conversation entre Paul Kagame et Cyril Ramaphosa, débouchant sur une vague promesse de cessez-le-feu.
Le président kényan William Ruto a convoqué en urgence la Communauté de l’Afrique de l’Est. Kagame a accepté de rencontrer Félix Tshisekedi, tandis que ce dernier rappelait ses diplomates de Kigali et expulsait ceux du Rwanda. Si ces gestes diplomatiques sont louables, ils restent dérisoires face aux souffrances congolaises. Les discours indignés ne ressusciteront ni les civils massacrés ni les soldats de la paix tombés sous les balles du M23. Le véritable enjeu demeure l’implication cynique du Rwanda dans cette guerre larvée.
Kagame, une fois encore, tentera de se poser en victime, brandissant l’argument de la sécurité nationale. Il est vrai que le Rwanda a subi l’un des pires génocides du XXe siècle. Mais cet héritage tragique est devenu une arme politique. Sous prétexte de neutraliser les groupes armés hutus réfugiés en RDC, Kigali alimente un conflit qui déstabilise la région et étouffe toute opposition interne.
Un cessez-le-feu est nécessaire, mais il ne suffira pas. La communauté internationale doit imposer un rapport de force clair, engageant des moyens militaires et financiers conséquents. L’Afrique du Sud, en première ligne, doit hausser le ton. Kagame doit comprendre que la souveraineté congolaise ne se négocie pas et que ses aventures expansionnistes auront un prix. Plus question de se contenter de paroles.
Rédaction
