Kinshasa, la mégapole congolaise, a été ce matin le théâtre d’une mobilisation sans précédent. Des milliers de manifestants en furie ont convergé vers les ambassades de France et des États-Unis, dénonçant avec véhémence l’inaction et la complicité tacite qu’ils attribuent à ces puissances dans le conflit meurtrier qui ensanglante l’Est du pays.
Brandissant des pancartes incendiaires et entonnant des chants hostiles, les protestataires réclament l’implication immédiate et sans équivoque de Paris et Washington pour obtenir le retrait des troupes rwandaises et des rebelles du M23.
« Nous refusons de demeurer spectateurs de l’anéantissement de notre nation. Si la France persiste dans son soutien au Rwanda, nous mourrons ici, devant son ambassade», fulmine un manifestant, trempé de rage.

Le climat de tension a dégénéré en chaos urbain : des pneus enflammés obstruent les grandes artères, des barrages improvisés paralysent la circulation, et seuls les piétons munis de rameaux, symboles de deuil, sont autorisés à traverser les zones barricadées.
Cette journée « ville morte », orchestrée via les réseaux sociaux, traduit une exaspération croissante face à l’agression rwandaise perçue comme une énième atteinte à la souveraineté congolaise. Face à l’embrasement, les autorités restent silencieuses tandis que Kinshasa suffoque sous le poids d’une colère légitime. Le spectre d’une escalade demeure omniprésent, exacerbant davantage les frustrations d’une population en quête de justice.
Rédaction
