La dégradation accélérée de la sécurité dans le territoire de Kalehe, au Sud-Kivu, entrave gravement les efforts humanitaires. Les récents affrontements entre les rebelles du M23 et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont restreint l’accès à plusieurs zones, compliquant une situation humanitaire déjà critique. Une mise à jour d’OCHA, publiée ce mardi, dresse un tableau alarmant de cette crise.
L’axe stratégique Minova-Nyabibwe, essentiel pour l’acheminement de l’aide, n’est resté praticable que jusqu’au 20 janvier à midi. Bien que l’axe Minova-Kitembo demeure ouvert, il est marqué par des contrôles d’identité stricts, retardant les mouvements des populations et la distribution des secours. Ces contraintes logistiques aggravent l’isolement des communautés touchées et entravent la réponse humanitaire.
En réaction, une vingtaine d’organisations humanitaires opérant depuis Minova ont suspendu temporairement leurs activités, une décision prise lors d’une réunion de crise tenue le 20 janvier.
« La sécurité de nos équipes reste une priorité absolue avant toute reprise de nos opérations sur le terrain», a indiqué un responsable humanitaire. Les ONG prévoient une suspension d’au moins 72 heures pour réévaluer la situation.
Par ailleurs, les conditions sécuritaires déjà précaires se détériorent davantage en raison de la recrudescence des actes criminels visant les acteurs humanitaires. Entre le 12 et le 19 janvier, deux cambriolages ont été signalés à Minova, affectant un partenaire de protection. Ces incidents ont entraîné la fermeture provisoire d’un Centre de Transit et d’Orientation (CTO) dédié aux enfants non accompagnés.
La conjugaison de ces facteurs met en péril l’assistance aux milliers de personnes dépendant des organisations humanitaires pour leur survie. Dans un territoire marqué par des décennies de conflits, la dégradation de l’accès humanitaire accentue les souffrances des populations.
OCHA et les acteurs humanitaires appellent à des mesures urgentes pour garantir l’accès aux zones affectées et protéger les efforts humanitaires, indispensables dans cette région du Sud-Kivu. La communauté internationale est également sollicitée pour soutenir des initiatives visant à stabiliser la situation et prévenir une crise humanitaire encore plus grave.
Anthony Katale, correspondant.
