La commission parlementaire de la Défense ougandaise a révoqué Jacob Oboth-Oboth, Ministre de la Défense ougandais, exigeant que le général Muhoozi Kainerugaba, chef des forces de défense (CDF) et fils du président Museveni, se présente pour répondre à ses déclarations controversées sur le réseau X (ex-Twitter).
Ces publications, jugées erratiques, auraient terni l’image de l’Ouganda sur la scène nationale et internationale.
Le Ministre Oboth-Oboth, accompagné d’une délégation militaire dirigée par le lieutenant-général adjoint Samuel Okiding, était initialement convoqué pour discuter du cadre budgétaire 2024-2025. Cependant, les législateurs, à l’instar de Derrick Nyeko (opposition) et Godfrey Wakooli, ont conditionné la poursuite des travaux à la comparution du général Muhoozi.

Les parlementaires dénoncent des tweets menaçants, ciblant notamment l’opposition, comme Robert Kyagulanyi, leader du NUP, ou Kizza Besigye.
« Nous ne pouvons rester passifs face à ces déclarations incendiaires. Où est le CDF ? », a fulminé Nyeko. M. Wakooli a renchéri : « Ce comité ne saurait être méprisé. La CDF doit des explications. »
Face à ces tensions, le président du comité, Wilson Kajwengye, a plaidé pour un ajournement, suggérant que les questions soient abordées lors de la présentation prochaine du projet de loi sur l’UPDF. Mais les députés sont restés inflexibles.

En réponse, le ministre Oboth-Oboth a reconnu la légitimité des demandes, expliquant que le général Muhoozi était en déplacement à Djibouti.
« Les tweets en question relèvent de son initiative personnelle, non des affaires officielles », a-t-il déclaré, tout en promettant une réunion spécifique pour que le général réponde de ses actes.
Par ailleurs, dans un tweet récent, Muhoozi a exigé des excuses publiques de l’ambassadeur américain William Popp envers le président Museveni, menaçant d’expulsion en cas de refus. Ce geste, amplifiant les tensions diplomatiques, illustre une crise politique où les tweets deviennent des armes redoutables.
L’Ouganda, déjà fragilisé, s’enfonce dans un climat d’incertitudes, où la frontière entre politique et sphère privée s’efface dangereusement.
Rédaction
