Attendons-nous au même scénario qui a changé les cartes sur la scène politique congolaise en 2021 avec la migration de la majorité parlementaire ? Est-ce que Joseph Kabila vient de mettre fin à son long silence sur les affaires politiques du pays ? Est-ce que Félix Tshisekedi détient réellement et contrôle la majorité parlementaire et populaire aujourd’hui pour prétendre sécuriser son pouvoir ? Les congolais , sont-ils satisfaits de l’exercice du pouvoir par l’UDPS et son Président ? En tout cas, la scène politique congolaise connaît un rebondissement majeur avec la rencontre, à Addis-Abeba, entre Joseph Kabila, ancien président de la République démocratique du Congo (RDC), et Moïse Katumbi, ex-gouverneur du Katanga.
Cette rencontre, tenue à huis clos et ayant duré plus de deux heures, marque une étape décisive dans la structuration de l’opposition face à Félix Tshisekedi. Les deux figures emblématiques ont diffusé, ce 26 décembre, un communiqué commun appelant à une mobilisation nationale et internationale contre les velléités présumées du Président Tshisekedi de modifier la Constitution pour prolonger son mandat au-delà de 2028.

Dans leur message, Kabila et Katumbi dénoncent une situation politique, économique et sécuritaire qu’ils qualifient de « sombre ». La progression alarmante du M23 et de l’AFC, soutenus par le Rwanda, vers la ville stratégique de Butembo illustre, selon eux, l’effondrement des structures étatiques sous la gouvernance actuelle. Ils soulignent également les dangers d’une réforme constitutionnelle visant, à leurs yeux, à instaurer une présidence à vie, une manœuvre qu’ils jugent « illégale et inopportune ».
Rappelant leur propre respect de l’alternance démocratique, les deux leaders clament que « personne n’est propriétaire mais locataire du pouvoir, le bail démocratique étant à durée déterminée ». Une telle déclaration apparaît comme une charge directe contre Tshisekedi, accusé de compromettre l’avenir démocratique du pays.
Kabila et Katumbi appellent toutes les forces politiques et sociales engagées dans la lutte contre la dictature à les rejoindre, promettant une concertation élargie pour construire un vaste front de résistance. Leur démarche s’inscrit également dans un plaidoyer à l’endroit de la communauté internationale, invitée à abandonner sa posture d’inaction face aux « dérives du régime ».

Le contexte international semble en effet favorable à une révision des alliances. Avec la montée au pouvoir de nouvelles figures aux États-Unis et en Belgique, les stratégies de complaisance vis-à-vis de Kinshasa pourraient être révisées. La nomination imminente de Bart De Wever comme Premier ministre belge pourrait par exemple intensifier la pression sur le régime, notamment sur les questions de corruption et de gestion des fonds publics.
Pour Félix Tshisekedi, qui a réaffirmé récemment à Kananga sa volonté de réviser la Constitution, l’année 2025 s’annonce comme une période de turbulences majeures. Face à une opposition unifiée et un contexte international potentiellement hostile, son projet risque de cristalliser les tensions, tant au sein du pays qu’au-delà de ses frontières.
Rédaction
