Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) dénonce une nouvelle fois l’attitude du président rwandais, Paul Kagame, qu’il accuse de compromettre les initiatives de paix dans l’est du pays. Lors d’un briefing conjoint tenu ce lundi 16 décembre à Kinshasa, les ministres congolais Patrick Muyaya (Communication) et Thérèse Kayikwamba Wagner (Affaires étrangères) ont exprimé leur indignation face à l’échec des négociations du processus de Luanda, sous l’égide du président angolais João Lourenço.
L’absence de Paul Kagame à la table des négociations, prévue la veille, est qualifiée de « preuve manifeste de refus de paix » par Kinshasa, qui appelle le Conseil de sécurité de l’ONU à agir. « Lorsqu’un État membre viole l’intégrité territoriale d’un autre, il doit être sanctionné », a insisté Thérèse Kayikwamba Wagner, exhortant l’ONU à assumer son rôle de garant de la paix mondiale.
La délégation congolaise rejette catégoriquement les exigences rwandaises, notamment l’inclusion d’un dialogue direct avec le M23 avant la signature d’un quelconque accord. Cette condition, imposée par Kigali, a conduit à une impasse malgré l’avancée de 90 % des travaux préparatoires. « Nous avons toujours refusé cette condition, car elle légitime une rébellion appuyée par des forces extérieures », a affirmé la ministre des Affaires étrangères.
Face à cet échec, Kinshasa annonce explorer d’autres options diplomatiques, incluant des consultations avec les experts des Nations Unies et le corps diplomatique accrédité en RDC. Patrick Muyaya a précisé que des démarches discrètes se poursuivent pour sensibiliser les membres permanents et non permanents du Conseil de sécurité sur l’urgence d’agir.
Rappelons que ce processus de médiation, initié par l’Union africaine, visait à mettre fin à trois décennies de violences dans l’est de la RDC, exacerbées par les ingérences présumées de Kigali. En novembre, les deux parties avaient pourtant validé un cadre opérationnel (CONOPS), laissant espérer une résolution prochaine. Cependant, le refus de Paul Kagame de s’engager dans les discussions du 15 décembre compromet gravement cet espoir de paix.
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