12 décembre 2024, lors des états généraux du portefeuille de l’Etat tenus à Kinshasa, le deuxième vice-président du sénat, le Professeur Modeste Bahati Lukwebo, une figure éminente de la vie politique et économique congolaise, a présenté un diagnostic rigoureux des entreprises publiques en République démocratique du Congo, soulignant leurs contre-performances persistantes.
Ces institutions, censées jouer un rôle clé dans le développement économique du pays, accusent des pertes financières importantes et souffrent d’une gouvernance défaillante. Pour remédier à cette situation critique, le Professeur Modeste Bahati Lukwebo propose une série de réformes structurelles et institutionnelles visant à garantir leur rentabilité et leur efficience.

Un constat alarmant
Entre 2020 et 2022, les entreprises publiques de la RDC ont enregistré un déficit cumulé de près de 1,7 milliard de dollars. Cette situation résulte de plusieurs facteurs, notamment une mauvaise gouvernance, l’absence de planification stratégique, et des interférences politiques récurrentes. La dualité des fonctions de l’État, à la fois régulateur et actionnaire, alimente par ailleurs une confusion des rôles qui affecte gravement leur gestion.
Selon le Professeur Modeste Bahati, les conseils d’administration de ces entreprises ne fonctionnent pas de manière optimale. Souvent dominés par des Présidents qui marginalisent les Directeurs Généraux, ils manquent également de comités spécialisés et de règles claires pour orienter leurs actions. À cela s’ajoute une absence d’audits financiers et de mécanismes transparents de reddition de comptes, ce qui favorise l’opacité et le gaspillage des ressources.

La solution : une réforme ambitieuse et structurée
Face à cette situation, Modeste Bahati Lukwebo préconise la création d’une «Agence de Participation de l’État (APE)», destinée à remplacer les structures actuelles telles que le Conseil Supérieur du Portefeuille (CSP) et le Comité de Pilotage de la Réforme des Entreprises Publiques (COPIREP). Cette agence, conçue comme un organe technique et indépendant, aurait pour mission de valoriser les actifs de l’État, d’améliorer la performance économique des entreprises publiques et d’assurer une gestion actionnariale professionnelle.

Des recommandations claires pour une gouvernance modernisée
Le Professeur Modeste Bahati appelle également à une unification des règles de gouvernance, notamment par l’instauration d’un règlement intérieur pour les conseils d’administration. Ces derniers devraient inclure des comités spécialisés et se doter d’objectifs stratégiques mesurables. Par ailleurs, Bahati Lukwebo plaide pour une transition vers des entreprises publiques à «économie mixte», impliquant des partenaires privés tout en maintenant le contrôle stratégique par l’État. Enfin, il insiste sur la nécessité de renforcer la transparence par des audits financiers réguliers et une publication systématique des rapports de gestion. Ces mesures permettraient non seulement de restaurer la confiance des citoyens, mais aussi d’attirer des investisseurs étrangers.

Une réforme dépendante de la volonté politique
Bien que ces propositions soient pragmatiques et ambitieuses, leur mise en œuvre exige une volonté politique forte et un engagement soutenu de toutes les parties prenantes. « L’avenir économique de la RDC dépend de la capacité de l’État à transformer ces entreprises publiques en moteurs de développement durable et inclusif », conclut le Sénateur Bahati Lukwebo.
Rédaction.
