Lors d’une messe célébrée à la paroisse Saint-Pierre-et-Paul, dans le diocèse de Tshilumba (Kasaï), l’évêque Sébastien Ngena Ntumba a émis des critiques acerbes à l’encontre du président Félix Tshisekedi et de ses alliés, dénonçant leurs ambitions présumées de modifier la Constitution.
Avec une éloquence incisive, il a affirmé que le véritable problème de la République démocratique du Congo ne réside pas dans le texte fondamental, mais bien dans la qualité des hommes qui dirigent le pays.
« Ce ne sont pas les textes qu’il faut changer, mais les hommes », a-t-il martelé devant une assemblée recueillie. Pour lui, même une « Constitution paradisiaque » demeurerait inefficace si les responsables politiques congolais persistent dans des comportements qu’il qualifie de corrupteurs, tribalistes, mensongers et avides d’enrichissement personnel.
L’évêque a poursuivi en rappelant que la transformation profonde du pays exige avant tout une révolution des mentalités et des comportements. Selon lui, sans une véritable mutation éthique et morale des dirigeants et des citoyens, même une multitude de révisions constitutionnelles ne suffirait pas à garantir l’émergence de la RDC.
Ce discours, teinté de courage et d’exigence morale, résonne dans un contexte national marqué par des débats sur une éventuelle modification de la Constitution en vue de permettre au chef de l’État de prolonger son mandat. Une initiative qui suscite des inquiétudes parmi les acteurs de la société civile et au sein de l’opposition, qui y voient une menace pour la stabilité institutionnelle et démocratique du pays.
En appelant à une introspection nationale, Mgr Ngena Ntumba place au cœur du débat une interrogation cruciale : la réforme des institutions peut-elle réellement porter ses fruits sans un changement radical des hommes appelés à les incarner ? Une question qui interpelle l’ensemble des acteurs politiques et sociaux de la République démocratique du Congo.
