Jean-Pierre Bemba Gombo, Vice-Premier Ministre, Ministre des Transports et Président du Mouvement de Libération du Congo (MLC), s’est positionné en faveur d’une révision ciblée de la constitution congolaise, tout en exprimant son opposition à tout changement radical du texte fondamental. La constitution Congolaise actuelle, élaborée par des constitutionnalistes congolais avec l’appui d’experts internationaux, contient en son sein des dispositions qui permettent sa révision, mais non sa refonte complète.
Pour étayer sa position, Jean-Pierre Bemba a cité quatre articles majeurs, à savoir les articles 10, 13, 51 et 198, comme exemples des dispositions nécessitant une révision. Parmi les points cruciaux qu’il souhaite voir modifiés figure le mode d’élection des gouverneurs et des sénateurs.
Sans le dire clairement, le patron du MLC constate que le processus actuel est entaché d’un jeu qui favorise la corruption systémique, ce qui compromet sa transparence et sa crédibilité. Il se pose la question de savoir: «Comment un candidat qui n’a pas de parti politique ni des députés provinciaux peut-il devenir Gouverneur ou Sénateur ? Par quel magie ?»
Une réforme dans ce domaine s’impose, non seulement pour renforcer la légitimité des élus, mais aussi pour restaurer la confiance du peuple dans les institutions démocratiques. Un autre sujet au cœur de ses préoccupations est la question de la nationalité congolaise.
Bemba considère que les dispositions actuelles freinent le retour et la réintégration des Congolais ayant acquis une nationalité étrangère pour des raisons politiques ou en raison des conflits armés. Selon lui, ces citoyens doivent pouvoir jouir pleinement de leur nationalité d’origine sans obstacle juridique. On considère que l’exclusivité de la nationalité congolaise prive la République Démocratique du Congo de compétences et de ressources humaines essentielles à son développement.
Bemba a également salué l’initiative annoncée par le Président de la République de mettre en place une commission inclusive chargée d’explorer les possibilités de révision de la constitution. Cette commission intégrera les forces politiques de l’opposition, la société civile et la majorité au pouvoir, garantissant ainsi un débat constructif et représentatif des aspirations nationales.
Pour Jean-Pierre Bemba, la révision constitutionnelle n’est pas une démarche antidémocratique, mais une réponse aux besoins d’adaptation des institutions aux réalités du pays.
Chris Adam’s
