1 er décembre 2024 – Lors de son allocution à Isiro, dans le cadre du 60e anniversaire de l’assassinat de la sœur Marie-Clémentine Anuarite Nengapeta, une figure emblématique de la foi catholique en République démocratique du Congo, le Président Félix Tshisekedi a déclenché une vague de critiques après avoir suggéré que des prières organisées par l’Église catholique à travers le pays pourraient provoquer un miracle, tel que la fin des conflits dans l’Est de la RDC.
Le chef de l’État a ajouté que cela prouverait que l’Église ne soutient pas la rébellion, une déclaration qui a profondément heurté de nombreux catholiques. Ces propos, interprétés par certains comme une accusation implicite envers l’Église, ont suscité une levée de boucliers au sein de la communauté chrétienne. Un prêtre catholique, sous couvert d’anonymat, a exprimé son indignation face à ce qu’il considère comme une attaque injustifiée et déplacée :
« Le président Tshisekedi s’aventure sur un terrain délicat. Lui, garant de la nation et commandant suprême des forces armées, aurait dû implorer ce miracle lui-même, plutôt que de remettre en cause l’Église. Le problème n’est pas Dieu : pour qu’un miracle advienne, il faut s’éloigner du péché. »

Le prêtre a rappelé le rôle central de l’Église dans les avancées démocratiques et sociales de la RDC. Selon lui, c’est grâce aux prières et à l’engagement de l’Église que la Conférence nationale souveraine a vu le jour, que les accords de la CENCO ont stabilisé le pays et que la marche des chrétiens a empêché la modification de la Constitution sous Joseph Kabila. Il a souligné que l’Église était alors aux côtés de l’actuel président.
« Si le miracle de la paix n’est pas encore accompli, le problème ne vient pas de l’Église, qui ne manie ni armes ni pouvoir politique, mais de ceux qui mènent la lutte armée », a-t-il conclu.

Les déclarations du président ont également été condamnées par plusieurs figures politiques et sociales, qui les ont jugées inappropriées et susceptibles de nuire à l’image d’une institution qui a toujours œuvré pour la paix et la justice.
Cette polémique soulève des interrogations sur les responsabilités partagées dans la quête de la paix en RDC et le rôle de l’Église dans ce processus.
Notons que la cérémonie, présidée par l’archevêque métropolitain de Kisangani, Mgr Marcel Utembi Tapa, a rassemblé de nombreuses personnalités, dont le Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi. Ce moment solennel a permis de rendre hommage à la bienheureuse Anuarite Nengapeta, assassinée en 1964 pour avoir défendu sa foi et ses principes.
La Bienheureuse Anuarite Nengapeta constitue « un modèle d’intégrité et de patriotisme » pour la jeunesse congolaise, face aux actes de violences et d’agressions étrangères, a indiqué dimanche le Président Félix Tshisekedi, à son arrivée samedi à Isiro (Haut-Uélé), dans le nord-est du pays.
Danny Ngolola
