Depuis 1994 jusqu’à aujourd’hui, la province du Sud-Kivu a connu des violences perpétrées contre l’humanité, on dénombre actuellement plusieurs cas de crimes commis contre les civils.
Le groupe de travail sur la justice transitionnelle a présenté un rapport qui documente 191 cas de violences successives de ces 2 décennies.
Ce rapport a été rendu public au cours d’une conférence de presse organisée ce lundi 15 juillet 2024 par le groupe de travail sur la justice transitionnelle ; et qui a réuni les acteurs de la société civile, les services étatiques et le media.
Pour Raphael Wakenge Membre de ce groupe de travail et coordinateur de l’organisation initiative congolaise pour la justice et la paix ICJP en sigle, ce rapport vise a compléter une longue liste de crimes et graves violations de droits de l’homme commis dans la province du Sud-Kivu.
Du point de vue géographique, c’est le territoire de Mwenga qui vient en tête avec 25 pourcent suivi du territoire de Kalehe avec 22 pourcent de crimes.
Le coordonnateur de l’ICJP regrette amèrement de constater que les présumés auteurs de ces graves violations de droits humains occupent actuellement des postes clés et stratégiques au sein des institutions étatiques.
« Dans 12 pourcent des cas, les crimes répertoriés ont été commis à la fois par les groupes rebelles et à la fois avec les forces de sécurité étatique, une très large majorité des cas répertoriés n’a pas encore connu des poursuites judiciaires finales»
Il regrette en outre de constater qu’un nombre important d’incidents contre l’humanité n’a pas encore été jusqu’à aujourd’hui l’objet de poursuites judiciaires.
Il souligne par ailleurs que les données présentées dans ce rapport documentaire ont vocation à faciliter le déclenchement du processus judiciaire et non judiciaire et complète le résultat du rapport Mapping des nations unies sur les crimes en RDC et ainsi faciliter les avancées de la justice transitionnelle qui repose sur 5 piliers à savoir : la recherche de la vérité, les poursuites pénales ; la réconciliation, et les garanties de non répétitions face à ces crimes.
Il recommande à cet effet aux autorités ayant la justice dans leurs attributions de s’approprier le résultat de ce rapport de recherche pour initier les enquêtes judiciaires et renforcer les actions de la justice en faveur des victimes directes ou indirectes et des témoins de crimes de masse dans la province du Sud-Kivu et ainsi mettre la main sur tout auteur cité dans ces crimes afin de subir la rigueur de la justice conformément à la loi en vigueur.
A cette gamme variée des recommandations figurent également le renforcement de collaboration entre la justice et les organisations d’accompagnement des victimes.
Signalons que cette conférence a été tenue grâce au concours financier de l’organisation TRIAL International.
