Dans les premières heures du mercredi 29 mai 2024, la présidence de la République a dévoilé, enfin, les nouveaux animateurs du tout premier gouvernement du second mandat du Président Tshisekedi.
Après une très longue attente injustifiée pour l’opinion congolaise, le Président de la République Démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a, afin, signé l’ordonnance portant nomination des membres du gouvernement dit Suminwa, dans un contexte de pression médiatique, de polémique et des tractations de longue haleine qui se faisaient déjà sentir derrière lui. Mais, comment est accueilli ce gouvernement que d’aucun nomment «Le tout premier gouvernement du raisonnement de l’UDPS depuis son accession au pouvoir» ?
Voici les grandes analyses faites par des indépendants, classées sous une forme de prévention du chaos au sein de la nouvelle classe politique Congolaise, sous la domination d’une Union Sacrée de la nation, orchestre des frustrés.
Le partage qui satisfait un seul camp
D’abord, la République Démocratique du Congo, avec ses près de 450 ethnies, réparties sur son énorme étendue de 2.345.400 Km2, en plus de plus de 800 partis politiques issus de la majorité autour de Félix Tshisekedi, c’est la géopolitique ainsi que le respect strict des poids politiques qui devraient conduire et animer les critères de partage des responsabilités au sein de ce gouvernement de 54 membres. Au final, c’est le parti présidentiel Union pour la Démocratie et le Progrès Social, UDPS, qui a totalement valorisé son poids politique et qui s’en sort grand vainqueur de cette composition avec 5/6 Vice-Premier Ministres, 4/10 Ministres d’Etat, 10/24 Ministres. En plus de cela, la Première Ministre est à comptabiliser dans cette moisson.
Des compagnons peu récompensés
Du point de vue géopolitique, le Nord et le Sud-Kivu chutent au profit presque du grand Kasaï qui, en lui seul, s’en sort avec au moins 20 postes sur les 54. Ce partage taillé sur la mesure du parti présidentiel selon certains observateurs, a fait que plusieurs grands partis politiques contributeurs à la réélection de Félix Tshisekedi ne se retrouvent pas. C’est le cas du parti politique ACP, RCD/KML et les autres.
Pour certaines autres formations politiques, il fallait les diminuer pour éviter de faire le poids avec l’UDPS. Le cas très frappant est celui du géant Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés, AFDC-A, de Modeste Bahati qui, avec ses 33 élus, considérés d’ailleurs comme le solde du calcul malveillant contre cette formation politique, n’a eu que deux postes, le Ministère du travail et de l’emploi qui a vu sa branche la plus importante, la prévoyance sociale, lui être coupée car déjà annexée à la santé, ministre qu’occupe de parti présidentiel, mais aussi le Ministère de la formation professionnelle, presque petit pour une si grande formation politique du pays. L’autre perdant, c’est le Mouvement de Libération du Congo, MLC de Jean Pierre Bemba, bien qu’il ait gagné une Vice-Primature, son Président s’est vu défenestrer de la Vice-Primature de La Défense pour celle du Transport. L’UNC quant à lui, parti de l’actuel président de l’assemblée nationale Vital Kamerhe, a gardé le Ministère d’Etat du Budget et s’est retrouvé aux hydrocarbures. Lui au moins peut se contenter de cette présidence de l’assemblée nationale acquise seulement après les primaires et une candidature unique.
Certains leaders politiques comme Gentiny Ngobila, Eliezer Ntambwe, ont déjà exprimé directement ou indirectement leurs mécontentements. Ils ne se retrouvent nul part, alors qu’ils sont parmi «ceux qui ont mouillé le maillot » pour Félix Tshisekedi. Ce mandat se voit déjà très controversé et la turbulence risque d’imposer un remaniement très rapide, solide et qui corrige dans plus ou moins un ces erreurs de calcul, surtout en ce qui concerne la géopolitique.
La géopolitique très énervée…
Le Maniema, première province à revendiquer sa place, ses députés ont d’ailleurs fait une déclaration le lendemain de la lecture de l’ordonnance. La province n’a jusque-là pas de poste depuis que le nouveau mandat de Tshisekedi a commencé. La province observe, inerte, à l’occupation de tous les postes clés au sein des institutions du pays sans s’y retrouver. Le Nord et le Sud-Kivu coupés de leurs nombres de ministères habituels dans des gouvernements passés, pourtant, deux régions qui ont massivement voté le Président Tshisekedi, grâce à leurs leaders, Modeste Bahati Lukwebo, Vital Kamerhe, Muhindo Nzangi, Mbusa Nyamwisi et les autres. Plusieurs analystes trouvent inconcevable le fait pour un seul espace géographique de se tailler au moins 20 postes et venir évangéliser une certaine unité nationale ou une cohésion au sein de la majorité.
Rédaction
