Vital Kamerhe, cet homme politique qui a noué des très bonnes relations avec l’empire de Joseph Kabila, d’abord entant que Secrétaire Général de son parti politique, le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie, PPRD, qui a amené Joseph Kabila à sa victoire aux élections de 2006 devant un conglomérat des candidats puissants qui ont fait l’histoire du pays, notamment Jean Pierre Bemba Gombo(actuellement Vice-Premier Ministre de La Défense), Chef du Mouvement de Libération du Congo alors une rébellion, avec qui il s’est retrouvé à un second tour très controversé et qui a provoqué un affrontement armé entre l’armée régulière sous le commandement de Joseph Kabila et la milice de Jean Pierre Bemba dénommée «effacez le tableau», provoquant une panique totale dans la capitale Kinshasa. À côté de Bemba, c’était un Azarias Ruberwa, président de la rébellion du Rassemblement Congolais pour la Démocratie, RCD et bien d’autres acteurs politiques.

Vital Kamerhe qui a quitté Joseph Kabila en 2009 sous un coup de tête en plein exercice de la même fonction qu’il convoite aujourd’hui auprès de Félix Tshisekedi, actuel Président de la RDC, vient de faire une spectaculaire remontada, jamais connu auparavant en RDC.
En moins de trois ans de prise de pouvoir en 2019 par Tshisekedi après les élections de 2018, Vital Kamerhe a été arrêté, condamné à vingt années de prison, puis verra sa peine être réduite à treize ans avant d’être remis en liberté provisoire puis d’être de nouveau jugé en appel, et, cette fois, acquitté, pour un dossier dit de cent jours qui lui a coûté sa réputation, considération et succès.
Kamerhe, sa reputation et sa personnalité…

Depuis son acquittement par la justice congolaise après un appel qui a vite été résolu à sa satisfaction, Vital Kamerhe, Chef du parti politique Union pour la Nation Congolaise, UNC, peine à passer sa réputation au pressing de la population congolais qui, dans son esprit, l’homme est toujours et encore coupable de ce que la justice lui a accusé avant de le remettre dans une liberté totale.
Chaque geste de Vital Kamerhe passe à la loupe, surtout par les militants du Parti présidentiel, Union pour la Démocratie et le Progrès Social, UDPS/Tshisekzdi, qui contrôlent l’homme aux multiples mots. Ils ne lui veulent pas ombrage à «leur Président», tout en rejetant sa contribution dans la prise de pouvoir par leur parti en 2018, fouillant au pied les accords de Nairobi qui ont mis d’accord les deux hommes politiques, Tshisekedi et Kamerhe.
A la moindre erreur de sa part, les vieux démons du procès 100 jours se réveillent sur sa tête et lui rappellent qu’à tout moment, «la base» peut se «charger» de sa réputation. Et en cette matière, les militants de l’UDPS n’ont pas d’amis. Toucher à leur intérêts ou à ceux de leur Chef, c’est interdit.
L’homme n’inspire pas confiance

Plusieurs langues d’observateurs disent que le fait pour Tshisekedi de choisir Vital Kamerhe comme président de l’assemblée nationale ne vient ni de l’expérience, ni du maîtrise de cette chambre parlementaire par son allié, mais bien pour contrôler «celui qui s’agite et qui peut à tout moment trahir». Ce n’est donc pas un cadeau, et Vital Kamerhe le saurait déjà, c’est pourquoi, selon ses proches, il a cette attitude d’homme défenseur du Chef.
L’homme qui est à la base de l’échec de l’opposition face à un Joseph Kabila bien miné…

Difficile de panser les plaies des militants de l’UDPS qui se préparer à affronter Joseph Kabila à travers un consensus qui devrait faire de leur Leader Candidat Unique de l’opposition en 2011. Ils se rappellent encore très silencieusement de ce Vital Kamerhe qui voulait à tout prix qu’il soit le candidat unique de l’opposition, alors qu’il venait à peine de rejoindre cette classe politique. Ce qui avait pousser Étienne Tshisekedi à se présenter seul, sous la casquette de son parti, UDPS se qui avait conduit l’opposition à affronter le candidat de l’Allaince de la Majorité Présidentielle, malheureusement, en ordre dispersé.
A ce temps-là, Vital Kamerhe avait encore toute sa vigueur mais pas une forte expérience dans l’opposition car, Étienne Tshisekedi Wa Mulumba, opposant historique de l’histoire de la RDC, était le meilleur poids politique qui pouvait faire fasse à Joseph Kabila.
Kemerhe, l’agent double en 2016 ?

Viendra le tour de 2016. Joseph Kabila qui n’a pas réussi à modifier la constitution à son avantage, va convoquer un dialogue sous la médiation de l’ancien Premier Ministre Togolais Edem Kodjo.
L’opposition ne pouvait participer à ce dialogue que si la résolution 22 77 de l’ONU était respectée selon certaines conditions telles que l’organisation de l’élection présidentielle dans les délais constitutionnels et la libération de tous les prisonniers politiques.
Pour le Rassemblement de l’opposition qui s’était constitué autours d’Étienne Tshisekedi, géniteur du Président Félix Tshisekedi, en revanche, la soudaine ouverture de Vital Kamerhe est vécue comme une trahison. Vital Kamerhe qui avait boudé la constitution du RASSOP, va plutôt accepter l’invitation de Joseph Kabila en exigeant être le co-animateur dudit dialogue.
Pour Etienne Tshisekedi, il n’y avait rien à négocier avec Joseph Kabila : le prétendu « dialogue » n’était qu’une manœuvre du chef de l’État pour se maintenir au pouvoir ; il doit se retirer et laisser un gouvernement de transition prendre le relais jusqu’au scrutin» demandait-il.
Il y avait encore quelques semaines, Kamerhe était du même avis qu’Etienne Tshisekedi et les autres signataires de Genval. Mais, Il faisait tout pour s’ériger en leader de l’opposition. Jusqu’en 2015, il avait même des raisons d’y croire. Cette propension à retourner sa veste aussi vite que possible lui a valu un surnom dans l’opinion congolaise : le « Kamerhéon » ou le «Chameleon».
Le PCR, un moyen de se vendre par imposition et intimidations ?

Juste après la signature de la charte de l’Union Sacrée de la Nation, une plage forme mise en place par Félix Tshisekedi et coordonnée au niveau national par Augustin Kabuya, Secrétaire Général de l’UDPS, Vital Kamerhe créera le Pacte pour un Congo Retrouvé, PCR, une sorte de plate forme politique au sein de celle créée par Tshisekedi.
Cela n’a pas tardé à énerver presque toute la classe politique congolaise qui a vu en Vital Kamerhe une sorte d’intimidation à l’endroit du Chef de la majorité, afin de l’imposer à le nommer Premier Ministre. La création du PCR a été donc l’une des causes qui ont mis la puce à l’oreille de Félix Tshisekedi afin d’avoir un contrôle direct sur Vital Kamerhe qu’il maîtrise très bien. A sa place, il a nommé une femme comme premier ministre, Madame Judith Tuluka Suminwa, ce qui poussera Vital Kamerhe à convoiter un autre poste, celui du Président de l’assemblée nationale.
Une primaire pour faire de Vital Kamerhe candidat président de l’assemblée nationale…

Cela ne pouvait pas être facile pour un homme qui a l’habitude de s’imposer et se vendre incontournable sur la scène politique. Il fallait qu’il passe par des primaires, bien qu’un exercice démocratique, pour qu’il ait droit au titre se candidat de l’Union Sacrée de la Nation au poste de Président de l’assemblée nationale.
Que pensent les observateurs de l’avenir politique de Vital Kamerhe ?

L’homme est vu comme futur challenger du candidat que proposera Félix Tshisekedi à la fin de son second et dernier mandat constitutionnel. Plusieurs observateurs se demandent si Félix Tshisekedi qui a souhaité la continuité du pouvoir par sa plateforme politique Union Sacrée de la Nation, permettra que l’homme de Vital Kamerhe connu comme un homme amoureux des objectifs des caméras comme dauphin ou encore celui qui a perdu deux ans en prison et qui certainement gardé au frais son humiliation, pour les 4 années qui restent du pouvoir de Félix Tshisekedi.
Rédaction
