Ebrahim Raïssi, 63 ans, dirigeait la République islamique d’Iran depuis 2021. Il est mort ce dimanche 19 mai dans le crash de l’hélicoptère qui le transportait dans le nord-ouest du pays où il revenait près de la frontière avec l’Azerbaidjan, certainement pour une mission d’Etat.
Tous les passagers de l’appareil, parmi lesquels figurait notamment le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amirabdollahian, ont péri dans l’accident, a rapporté l’agence de presse Mehr. Via le réseau social X, l’un des vice-présidents, Mohsen Mansouri, a confirmé le décès d’Ebrahim Raïssi.

Ultraconservateur et défendant une vision rigoriste de la charia, il avait apporté son soutien au mouvement islamiste palestinien Hamas. Plus de douze heures après l’annonce du crash de son hélicoptère, les médias d’État ont affirmé que le président iranien, Ebrahim Raïssi, était mort à la suite d’un « accident », ce dimanche 19 mai.
Il était accompagné de son ministre des Affaires étrangères.
S’étant présenté comme le champion des classes défavorisées et de la lutte contre la corruption, Ebrahim Raïssi avait été élu le 18 juin 2021 dès le premier tour d’un scrutin marqué par une abstention record pour une présidentielle, et l’absence de concurrents de poids.
Il avait succédé au modéré Hassan Rohani, qui l’avait battu à la présidentielle de 2017 et ne pouvait plus se représenter après deux mandats consécutifs.

Mais qui est Ebrahim Raïssi ? Presse-cd.net, vous donne ici le parcours de celui qui était considéré comme un héros peu avant son accession au pouvoir en Iran.
Né en novembre 1960 dans la ville sainte chiite de Machhad (nord-est du pays), Ebrahim Raïssi a monté durant trois décennies les échelons du système judiciaire, après avoir été nommé procureur général de Karaj, près de Téhéran, à seulement 20 ans, dans la foulée de la victoire de la Révolution islamique de 1979.
Il a ensuite été procureur général de Téhéran de 1989 à 1994, puis chef adjoint de l’Autorité judiciaire de 2004 à 2014, année de sa nomination au poste de procureur général du pays.
En 2016, le guide suprême Ali Khamenei l’a placé à la tête de la puissante fondation caritative Astan-é Qods Razavi, qui gère le mausolée de l’Imam-Réza à Machhad ainsi qu’un immense patrimoine industriel et immobilier.
Trois ans plus tard, il prend la tête de l’Autorité judiciaire.
Sans grand charisme et toujours coiffé d’un turban noir de « seyyed » (descendant de Mahomet), Raïssi, barbe poivre et sel et fines lunettes, a suivi les cours de religion et de jurisprudence islamique de l’ayatollah Khamenei.
Marié à Jamileh Alamolhoda, professeure de sciences de l’éducation à l’université Chahid-Béhechti de Téhéran, avec laquelle il a eu deux filles diplômées du supérieur, Ebrahim Raïssi est le gendre d’Ahmad Alamolhoda, imam de la prière et représentant provincial du Guide à Machhad, deuxième ville d’Iran.
Sans doute conscient qu’il lui fallait tenter de rassembler une société iranienne divisée sur la question des libertés individuelles, il s’était engagé pendant la campagne électorale de 2021 à être le défenseur de la « liberté d’expression » et des « droits fondamentaux de tous les citoyens iraniens ».
Que dit la constitution Iranienne après le décès du Président ?
Aux termes de la Constitution iranienne, le premier vice-président, Mohammad Mokhber, devrait devenir président par intérim. Un conseil composé du président par intérim, du président du Parlement et du chef de l’appareil judiciaire devra alors organiser l’élection d’un nouveau président dans un délai maximal de 50 jours.
Dès dimanche, le guide suprême de la révolution iranienne, l’ayatollah Ali Khamenei, auquel appartient le dernier mot pour les grandes décisions politiques, a cherché à rassurer les Iraniens en déclarant que la continuité des affaires de l’État ne serait pas perturbée.
Rédaction.
